Patrick Buisson, né le 19 avril 1949 à Paris, est un journaliste, politologue et conseiller politique français.
Spécialiste des études d'opinion, il est aussi directeur général de la chaîne Histoire de 2007 à 2018 et conseiller du président Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012.
Biographie
Une jeunesse maurassienne (1949-1980)
Fils d'un ingénieur d'Électricité de France engagé d'abord à l'Action française dans les camelots du roi avant d'adhérer au Rassemblement du peuple français du général de Gaulle1, Patrick Buisson est élevé dans le culte de Charles Maurras et dans l'anticommunisme2. À partir de l'âge de cinq ans, il l'est par sa mère seule, qui a divorcé en 19543. En 1956, celle-ci l'emmène manifester contre l'entrée des chars soviétiques à Budapest4.
En 1961, il a douze ans et c'est son père qui désormais le prend en charge3. Son engagement politique débute au lycée Pasteur5, à Neuilly-sur-Seine, où, marqué par la guerre d'Algérie, il refuse de respecter une minute de silence après un attentat meurtrier de l'OAS1. Étudiant en histoire à l'université de Nanterre, appréciant notamment Philippe Ariès et Raoul Girardet, il obtient une licence, puis rédige en 1971, sous la direction de René Rémond, un mémoire de maîtrise sur Les Courants idéologiques dans le mouvement de défense de l'Algérie française. En 1976, il prépare sous la direction de Girardet une thèse de doctorat sur Le Mouvement Algérie française, les hommes et les idées6, finalement non achevée.
Durant ses études, il devient vice-président de la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), et s'oppose au Mouvement du 22-Mars en 1968 aux côtés d'Alain Renault2. À cette époque, il est également rédacteur en chef avec François Duprat des Cahiers européens, publication nationaliste révolutionnaire7.
Journaliste politique (1981-1993)
Analyste et militant politique d'extrême droite, Buisson s'éloigne cependant de la politique active dès la fin de ses études et, après avoir enseigné jusqu'en 19798, se tourne pour l'essentiel vers le journalisme engagé d'extrême droite avec Minute (1981-1987) dont il devient le correspondant à l'Assemblée nationale, puis pendant un an le directeur de la rédaction.
En 1984, il publie avec Pascal Gauchon, ex-rédacteur en chef de Défense de l'Occident et ancien secrétaire général du Parti des forces nouvelles, le livre OAS, Histoire de la résistance française en Algérie, préfacé par Pierre Sergent, l'un des dirigeants de l'organisation1,7.
La même année, il publie un Album Le Pen, album photographique sur Jean-Marie Le Pen, coécrit avec Alain Renault, ancien secrétaire national du Front national et contributeur du journal Militant, ainsi que Le Guide de l'opposition, dans lequel il recense les partis, personnes et clubs de droite et d'extrême droite des villes de France, dans la perspective d’une alliance contre la gauche1,7. Jean-Marie Le Pen lui propose d'être candidat en vue des élections législatives de 1986, mais il décline7.
Il œuvre alors au rapprochement de toutes les droites1, déclarant que « Le Pen, le RPR et le PR, c'est la droite. Souvent, c'est une feuille de papier à cigarettes qui sépare les électeurs des uns ou des autres »9. Selon son analyse, « les électeurs du FN sont pour l'essentiel d'anciens électeurs du RPR déçus par le recentrage et l'évolution pro-européenne de Chirac, pour le reste d'anciens communistes nostalgiques du temps où le PC était conservateur, autoritaire et nationaliste. »1
Remercié par Minute en 1987, il rejoint brièvement Le Crapouillot puis, la même année, Valeurs actuelles2, dont en 1992 il devient pour six années directeur de la rédaction générale1.
Conseiller politique (1994-1995)
Après quinze ans de presse écrite, il s'oriente vers le conseil aux hommes politiques. Il devient conseiller de Jimmy Goldsmith et de Philippe de Villiers dont il dirige la campagne pour les élections européennes de 1994 et la campagne présidentielle de 1995, en axant les discours vers l'aile droite du RPR par l'affirmation du souverainisme. Avec la société Publifact qu'il a créée en juillet 198210, il vend ses services à Alain Madelin et François Bayrou2.
Homme de médias
Il lance en 1996 la revue hebdomadaire Politique Opinion en association avec l'ensemble des directeurs des instituts de sondages, et anime à partir de 2000 la page « Opinion » du Figaro.
Créateur et animateur de nombreuses émissions politiques sur LCI dont Le Club de l'opinion (1997-2000), Politoscopie (1999- 2000) puis 100 % Politique (à partir de 2001), en compagnie de David Pujadas. Créateur et animateur de Un livre, un débat en 2003. En 2005, il anime l'émission Questions qui fâchent et coanime, jusqu'en 2007, l'émission hebdomadaire sur LCI intitulée Politiquement Show, et assure également l'émission Questions qui fâchent avec Michel Field.
Il dirige la chaîne Histoire (détenue à 100 % par le groupe TF1) depuis octobre 200711. Selon Le Monde, c'est sa proximité avec le président de la République qui aurait permis à la chaîne Histoire de recevoir, entre 2008 et 2009, 270 000 euros de la part du ministère de la Culture12. À partir de cette date, il est cependant reconduit chaque année pour un an à la tête de la chaîne Histoire par le propriétaire de la chaîne, le groupe TF113, mais démissionne de son mandat de directeur général en septembre 201814.
Conseiller de Nicolas Sarkozy
Ayant prédit la victoire du « non » à 55 % au référendum français sur le traité constitutionnel européen, il est approché en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui en fait l'un de ses proches conseillers, équilibrant le gaullisme social d'Henri Guaino, rédacteur des principaux discours de sa campagne présidentielle2. Il est alors considéré comme un des artisans de la ligne victorieuse de la campagne de 2007 autour d'un discours « décomplexé » sur l'autorité, la morale, l'immigration, la délinquance, l'assistanat, mai 68, l'identité nationale15.
Sans poste officiel à l'Élysée, à sa demande, il demeure cependant un collaborateur très écouté du nouveau président de la République, et quitte l'antenne de LCI16. Dès lors, Patrick Buisson guide les choix de Nicolas Sarkozy, notamment sur la création du ministère de l'Identité nationale (et de l'Immigration)17 ou encore dans la conquête du vote Front national via l'élaboration d'un discours sécuritaire ad hoc18.
Positions politiques (depuis 2011)
Dans leur livre Le mauvais génie (2015), Vanessa Schneider et Ariane Chemin ont prêté à Patrick Buisson une proximité avec Jean-Luc Mélenchon19 que ce dernier a qualifiée lui-même de « pure invention »20.
En septembre 2016, il publie La Cause du peuple, dans lequel il fait plusieurs révélations critiques sur l'action et le comportement de Nicolas Sarkozy21. Pour le site en ligne Causeur, l'ouvrage « parle de la France et du pouvoir avec beaucoup de culture et d’intelligence »22. Pour L'Express, le livre mêle anecdotes et réflexions pour raconter et démonter le quinquennat de Nicolas Sarkozy23. L'essai est un succès de librairie24.
Il apporte son soutien à François Fillon entre les deux tours de la primaire présidentielle des Républicains de 201625. Depuis 2017, il est l'un des proches conseillers de Nicolas Dupont-Aignan26.
Affaires
Affaire OpinionWay
En 2008, à la tête de Publifact, Patrick Buisson envoie à l'Élysée un total de 130 factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages réalisés par OpinionWay et publiés par Le Figaro et LCI, pour un prix de 392 288 euros. Selon la Cour des comptes, le total de ses prestations a atteint la somme de 1,5 million d'euros pour l'année 200827. Le 23 juillet, le PS demande la création d'une commission d'enquête28.
À la suite de l'échec de Nicolas Sarkozy en mai 2012 à l'élection présidentielle, ses choix idéologiques et ses conseils dans la campagne sont l'objet de diverses appréciations et polémiques. Françoise Fressoz, éditorialiste du journal Le Monde souligne son « populisme »29, et selon Stéphane Rozès, la « droitisation » à laquelle il réussit à mener l'UMP a participé à provoquer le « dynamitage »29 de ce parti à la suite des élections pour le renouvellement de ses dirigeants au congrès de novembre 201230,31.
Patrick Buisson dépose une plainte le 11 décembre 2012 contre la ministre de la Justice Christiane Taubira pour « prise illégale d'intérêt », celle-ci faisant partie alors du comité de parrainage d'Anticor, l'association à l'origine d'une plainte contre X dans le cadre de l'affaire des sondages. La plainte est jugée recevable en janvier 201432. En novembre 2015, la presse révèle que l'association a géré ce dossier en concertation avec le cabinet de Christiane Taubira et avance que la juge d'instruction Sabine Kheris en près de deux ans n'a accompli aucun acte d'instruction33,34.
En juillet 2015, il est mis en examen pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics dans l'affaire des sondages de l'Élysée réalisés entre 2007 et 2012 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, sans mise en concurrence préalable35.
Affaire des enregistrements de l’Élysée
Durant la période où il travaille à l'Élysée, Patrick Buisson a enregistré des réunions « à l'insu » de Nicolas Sarkozy et des autres conseillers présidentiels, à l'aide d'un dictaphone caché36 (dissimulation qu'il nie par l'intermédiaire de son avocat Me Gilles-William Goldnadel37). L'existence de ces enregistrements est révélée par l'hebdomadaire Le Point en février 2014, puis des extraits sont publiés par Le Canard enchaîné et Atlantico en mars. Le couple Bruni-Sarkozy porte plainte pour violation de la vie privée, à la fois contre Atlantico et contre Patrick Buisson38 ; Patrick Buisson porte plainte contre X pour vol et recel39,40, mais il est condamné pour atteinte à la vie privée en 201441.
Accusations de plagiat
Le 6 avril 2013, le journaliste Jérôme Dupuis affirme dans L'Express42 que Patrick Buisson aurait plagié longuement un livre de Jean-Louis Harouel, Le Vrai génie du christianisme, dans un entretien accordé au Figaro Magazine. Buisson se défendant d'avoir été plagiaire43, Harouel publie un article sur le site Rue89 pour fustiger ses procédés44.
Décorations
Il est décoré par le président de la République Nicolas Sarkozy au titre de chevalier de la Légion d'honneur, le 24 septembre 200745.
Le 21 janvier 2012, le pape Benoît XVI le promeut, dans la salle ducale du palais du Vatican, commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand46.
Œuvre
Documentaires
1985 : Le Pen sur le front, réal. avec Anne-Sophie Druet et Serge de Beketch, Paris, Intervalles
1985 : L'école libre est dans la rue : Paris 24 juin 1984, réal. avec Hervé de Canteloube et Anne-Sophie Druet, Paris, Intervalles
2011 : Paris Céline : Sur les pas de Céline avec Lorànt Deutsch, réal. avec Guillaume Laidet, aut. Lorànt Deutsch, Paris, Montparnasse
2013 : Gustave Thibon, il était une foi, réal. Guillaume Laidet
2014 : Si je mourais là-bas, la guerre des écrivains, réal. Guillaume Laidet
2015 : Si Paname m'était conté, Paris années 50, réal. Guillaume Laidet
2016 : Les Dieux meurent en Algérie, la guerre des combattants, réal. Guillaume Laidet
2017 : Allez-y sans moi…, réal. Guillaume Laidet
2018 : Les Manants du roi, docufiction réal. par Guillaume Laidet
2019 : Que Dieu m'y garde : le procès de Jeanne d'Arc, réal. par Guillaume Laidet
Ouvrages
1984 : OAS : Histoire de la résistance française en Algérie, avec Pascal Gauchon, Bièvres, Jeune Pied-Noir, 168 p. (ISBN 2-904997-00-8)
1984 : L'Album Le Pen, avec Alain Renault (dir.), Écully, Intervalles, 155 p. (ISBN 2-905409-01-0)
1993 : Vendée, le Livre de la mémoire (avec Jean Tulard, etc.), Valmonde, Paris.
1993 : avec Éric Branca, Philippe de Villiers ou La politique autrement, Paris, Le Rocher, coll. « Documents », 258 p. (ISBN 2-2680-1447-9).
1995 : Avec le temps / C'est l'histoire d'un métamec sur Léo Ferré, photogr. Hubert Grooteclaes, Paris, Chêne, 149 p. (ISBN 2-85108-895-5)
1996 : Sacha Guitry et ses femmes, Paris, Albin Michel, 321 p. (ISBN 2-226-08716-8)
2008-2011 : 1940-1945 : Années érotiques, Paris, Albin Michel :
2008 : Vichy ou les infortunes de la vertu, 570 p. (ISBN 978-2-226-18394-1)
2008 : De la grande prostituée à la revanche des mâles, 521 p. (ISBN 978-2-226-18688-1)
2011 : L'Occupation intime, 319 p. + DVD (ISBN 978-2-226-18198-5)
2008 : La Grande Guerre, 1914-1918, avec Jean-Pascal Soudagne, préf. Max Gallo, photogr. Ecpad, Paris, XO éditions, 351 p. + DVD (ISBN 978-2-84563-397-1)
2009 : La Guerre d'Algérie, préf. Michel Déon, photogr. Marc Flament, Paris, Albin Michel, 271 p. + DVD (ISBN 978-2-226-18175-6)
Ce livre a fait l'objet d'une polémique à sa sortie. Il lui a été reproché par plusieurs spécialistes de la guerre d'Algérie de ne présenter que le point de vue du colonisateur et de l'Armée française47.
2009 : La Guerre d'Indochine, préface de Pierre Schœndœrffer, Paris, Albin Michel, 255 p. + DVD (ISBN 978-2-226-18173-2)
2012 : Le Paris de Céline, Albin Michel (ISBN 978-2-226-20814-9)
Ce livre est tiré du documentaire Paris Céline : Sur les pas de Céline avec Lorànt Deutsch48.
2016 : La Cause du peuple, Perrin (ISBN 978-2-262-06936-0).
2017 : La Grande Histoire des guerres de Vendée (préf. Philippe de Villiers), Perrin.
Spécialiste des études d'opinion, il est aussi directeur général de la chaîne Histoire de 2007 à 2018 et conseiller du président Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012.
Biographie
Une jeunesse maurassienne (1949-1980)
Fils d'un ingénieur d'Électricité de France engagé d'abord à l'Action française dans les camelots du roi avant d'adhérer au Rassemblement du peuple français du général de Gaulle1, Patrick Buisson est élevé dans le culte de Charles Maurras et dans l'anticommunisme2. À partir de l'âge de cinq ans, il l'est par sa mère seule, qui a divorcé en 19543. En 1956, celle-ci l'emmène manifester contre l'entrée des chars soviétiques à Budapest4.
En 1961, il a douze ans et c'est son père qui désormais le prend en charge3. Son engagement politique débute au lycée Pasteur5, à Neuilly-sur-Seine, où, marqué par la guerre d'Algérie, il refuse de respecter une minute de silence après un attentat meurtrier de l'OAS1. Étudiant en histoire à l'université de Nanterre, appréciant notamment Philippe Ariès et Raoul Girardet, il obtient une licence, puis rédige en 1971, sous la direction de René Rémond, un mémoire de maîtrise sur Les Courants idéologiques dans le mouvement de défense de l'Algérie française. En 1976, il prépare sous la direction de Girardet une thèse de doctorat sur Le Mouvement Algérie française, les hommes et les idées6, finalement non achevée.
Durant ses études, il devient vice-président de la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), et s'oppose au Mouvement du 22-Mars en 1968 aux côtés d'Alain Renault2. À cette époque, il est également rédacteur en chef avec François Duprat des Cahiers européens, publication nationaliste révolutionnaire7.
Journaliste politique (1981-1993)
Analyste et militant politique d'extrême droite, Buisson s'éloigne cependant de la politique active dès la fin de ses études et, après avoir enseigné jusqu'en 19798, se tourne pour l'essentiel vers le journalisme engagé d'extrême droite avec Minute (1981-1987) dont il devient le correspondant à l'Assemblée nationale, puis pendant un an le directeur de la rédaction.
En 1984, il publie avec Pascal Gauchon, ex-rédacteur en chef de Défense de l'Occident et ancien secrétaire général du Parti des forces nouvelles, le livre OAS, Histoire de la résistance française en Algérie, préfacé par Pierre Sergent, l'un des dirigeants de l'organisation1,7.
La même année, il publie un Album Le Pen, album photographique sur Jean-Marie Le Pen, coécrit avec Alain Renault, ancien secrétaire national du Front national et contributeur du journal Militant, ainsi que Le Guide de l'opposition, dans lequel il recense les partis, personnes et clubs de droite et d'extrême droite des villes de France, dans la perspective d’une alliance contre la gauche1,7. Jean-Marie Le Pen lui propose d'être candidat en vue des élections législatives de 1986, mais il décline7.
Il œuvre alors au rapprochement de toutes les droites1, déclarant que « Le Pen, le RPR et le PR, c'est la droite. Souvent, c'est une feuille de papier à cigarettes qui sépare les électeurs des uns ou des autres »9. Selon son analyse, « les électeurs du FN sont pour l'essentiel d'anciens électeurs du RPR déçus par le recentrage et l'évolution pro-européenne de Chirac, pour le reste d'anciens communistes nostalgiques du temps où le PC était conservateur, autoritaire et nationaliste. »1
Remercié par Minute en 1987, il rejoint brièvement Le Crapouillot puis, la même année, Valeurs actuelles2, dont en 1992 il devient pour six années directeur de la rédaction générale1.
Conseiller politique (1994-1995)
Après quinze ans de presse écrite, il s'oriente vers le conseil aux hommes politiques. Il devient conseiller de Jimmy Goldsmith et de Philippe de Villiers dont il dirige la campagne pour les élections européennes de 1994 et la campagne présidentielle de 1995, en axant les discours vers l'aile droite du RPR par l'affirmation du souverainisme. Avec la société Publifact qu'il a créée en juillet 198210, il vend ses services à Alain Madelin et François Bayrou2.
Homme de médias
Il lance en 1996 la revue hebdomadaire Politique Opinion en association avec l'ensemble des directeurs des instituts de sondages, et anime à partir de 2000 la page « Opinion » du Figaro.
Créateur et animateur de nombreuses émissions politiques sur LCI dont Le Club de l'opinion (1997-2000), Politoscopie (1999- 2000) puis 100 % Politique (à partir de 2001), en compagnie de David Pujadas. Créateur et animateur de Un livre, un débat en 2003. En 2005, il anime l'émission Questions qui fâchent et coanime, jusqu'en 2007, l'émission hebdomadaire sur LCI intitulée Politiquement Show, et assure également l'émission Questions qui fâchent avec Michel Field.
Il dirige la chaîne Histoire (détenue à 100 % par le groupe TF1) depuis octobre 200711. Selon Le Monde, c'est sa proximité avec le président de la République qui aurait permis à la chaîne Histoire de recevoir, entre 2008 et 2009, 270 000 euros de la part du ministère de la Culture12. À partir de cette date, il est cependant reconduit chaque année pour un an à la tête de la chaîne Histoire par le propriétaire de la chaîne, le groupe TF113, mais démissionne de son mandat de directeur général en septembre 201814.
Conseiller de Nicolas Sarkozy
Ayant prédit la victoire du « non » à 55 % au référendum français sur le traité constitutionnel européen, il est approché en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui en fait l'un de ses proches conseillers, équilibrant le gaullisme social d'Henri Guaino, rédacteur des principaux discours de sa campagne présidentielle2. Il est alors considéré comme un des artisans de la ligne victorieuse de la campagne de 2007 autour d'un discours « décomplexé » sur l'autorité, la morale, l'immigration, la délinquance, l'assistanat, mai 68, l'identité nationale15.
Sans poste officiel à l'Élysée, à sa demande, il demeure cependant un collaborateur très écouté du nouveau président de la République, et quitte l'antenne de LCI16. Dès lors, Patrick Buisson guide les choix de Nicolas Sarkozy, notamment sur la création du ministère de l'Identité nationale (et de l'Immigration)17 ou encore dans la conquête du vote Front national via l'élaboration d'un discours sécuritaire ad hoc18.
Positions politiques (depuis 2011)
Dans leur livre Le mauvais génie (2015), Vanessa Schneider et Ariane Chemin ont prêté à Patrick Buisson une proximité avec Jean-Luc Mélenchon19 que ce dernier a qualifiée lui-même de « pure invention »20.
En septembre 2016, il publie La Cause du peuple, dans lequel il fait plusieurs révélations critiques sur l'action et le comportement de Nicolas Sarkozy21. Pour le site en ligne Causeur, l'ouvrage « parle de la France et du pouvoir avec beaucoup de culture et d’intelligence »22. Pour L'Express, le livre mêle anecdotes et réflexions pour raconter et démonter le quinquennat de Nicolas Sarkozy23. L'essai est un succès de librairie24.
Il apporte son soutien à François Fillon entre les deux tours de la primaire présidentielle des Républicains de 201625. Depuis 2017, il est l'un des proches conseillers de Nicolas Dupont-Aignan26.
Affaires
Affaire OpinionWay
En 2008, à la tête de Publifact, Patrick Buisson envoie à l'Élysée un total de 130 factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages réalisés par OpinionWay et publiés par Le Figaro et LCI, pour un prix de 392 288 euros. Selon la Cour des comptes, le total de ses prestations a atteint la somme de 1,5 million d'euros pour l'année 200827. Le 23 juillet, le PS demande la création d'une commission d'enquête28.
À la suite de l'échec de Nicolas Sarkozy en mai 2012 à l'élection présidentielle, ses choix idéologiques et ses conseils dans la campagne sont l'objet de diverses appréciations et polémiques. Françoise Fressoz, éditorialiste du journal Le Monde souligne son « populisme »29, et selon Stéphane Rozès, la « droitisation » à laquelle il réussit à mener l'UMP a participé à provoquer le « dynamitage »29 de ce parti à la suite des élections pour le renouvellement de ses dirigeants au congrès de novembre 201230,31.
Patrick Buisson dépose une plainte le 11 décembre 2012 contre la ministre de la Justice Christiane Taubira pour « prise illégale d'intérêt », celle-ci faisant partie alors du comité de parrainage d'Anticor, l'association à l'origine d'une plainte contre X dans le cadre de l'affaire des sondages. La plainte est jugée recevable en janvier 201432. En novembre 2015, la presse révèle que l'association a géré ce dossier en concertation avec le cabinet de Christiane Taubira et avance que la juge d'instruction Sabine Kheris en près de deux ans n'a accompli aucun acte d'instruction33,34.
En juillet 2015, il est mis en examen pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics dans l'affaire des sondages de l'Élysée réalisés entre 2007 et 2012 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, sans mise en concurrence préalable35.
Affaire des enregistrements de l’Élysée
Durant la période où il travaille à l'Élysée, Patrick Buisson a enregistré des réunions « à l'insu » de Nicolas Sarkozy et des autres conseillers présidentiels, à l'aide d'un dictaphone caché36 (dissimulation qu'il nie par l'intermédiaire de son avocat Me Gilles-William Goldnadel37). L'existence de ces enregistrements est révélée par l'hebdomadaire Le Point en février 2014, puis des extraits sont publiés par Le Canard enchaîné et Atlantico en mars. Le couple Bruni-Sarkozy porte plainte pour violation de la vie privée, à la fois contre Atlantico et contre Patrick Buisson38 ; Patrick Buisson porte plainte contre X pour vol et recel39,40, mais il est condamné pour atteinte à la vie privée en 201441.
Accusations de plagiat
Le 6 avril 2013, le journaliste Jérôme Dupuis affirme dans L'Express42 que Patrick Buisson aurait plagié longuement un livre de Jean-Louis Harouel, Le Vrai génie du christianisme, dans un entretien accordé au Figaro Magazine. Buisson se défendant d'avoir été plagiaire43, Harouel publie un article sur le site Rue89 pour fustiger ses procédés44.
Décorations
Il est décoré par le président de la République Nicolas Sarkozy au titre de chevalier de la Légion d'honneur, le 24 septembre 200745.
Le 21 janvier 2012, le pape Benoît XVI le promeut, dans la salle ducale du palais du Vatican, commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand46.
Œuvre
Documentaires
1985 : Le Pen sur le front, réal. avec Anne-Sophie Druet et Serge de Beketch, Paris, Intervalles
1985 : L'école libre est dans la rue : Paris 24 juin 1984, réal. avec Hervé de Canteloube et Anne-Sophie Druet, Paris, Intervalles
2011 : Paris Céline : Sur les pas de Céline avec Lorànt Deutsch, réal. avec Guillaume Laidet, aut. Lorànt Deutsch, Paris, Montparnasse
2013 : Gustave Thibon, il était une foi, réal. Guillaume Laidet
2014 : Si je mourais là-bas, la guerre des écrivains, réal. Guillaume Laidet
2015 : Si Paname m'était conté, Paris années 50, réal. Guillaume Laidet
2016 : Les Dieux meurent en Algérie, la guerre des combattants, réal. Guillaume Laidet
2017 : Allez-y sans moi…, réal. Guillaume Laidet
2018 : Les Manants du roi, docufiction réal. par Guillaume Laidet
2019 : Que Dieu m'y garde : le procès de Jeanne d'Arc, réal. par Guillaume Laidet
Ouvrages
1984 : OAS : Histoire de la résistance française en Algérie, avec Pascal Gauchon, Bièvres, Jeune Pied-Noir, 168 p. (ISBN 2-904997-00-8)
1984 : L'Album Le Pen, avec Alain Renault (dir.), Écully, Intervalles, 155 p. (ISBN 2-905409-01-0)
1993 : Vendée, le Livre de la mémoire (avec Jean Tulard, etc.), Valmonde, Paris.
1993 : avec Éric Branca, Philippe de Villiers ou La politique autrement, Paris, Le Rocher, coll. « Documents », 258 p. (ISBN 2-2680-1447-9).
1995 : Avec le temps / C'est l'histoire d'un métamec sur Léo Ferré, photogr. Hubert Grooteclaes, Paris, Chêne, 149 p. (ISBN 2-85108-895-5)
1996 : Sacha Guitry et ses femmes, Paris, Albin Michel, 321 p. (ISBN 2-226-08716-8)
2008-2011 : 1940-1945 : Années érotiques, Paris, Albin Michel :
2008 : Vichy ou les infortunes de la vertu, 570 p. (ISBN 978-2-226-18394-1)
2008 : De la grande prostituée à la revanche des mâles, 521 p. (ISBN 978-2-226-18688-1)
2011 : L'Occupation intime, 319 p. + DVD (ISBN 978-2-226-18198-5)
2008 : La Grande Guerre, 1914-1918, avec Jean-Pascal Soudagne, préf. Max Gallo, photogr. Ecpad, Paris, XO éditions, 351 p. + DVD (ISBN 978-2-84563-397-1)
2009 : La Guerre d'Algérie, préf. Michel Déon, photogr. Marc Flament, Paris, Albin Michel, 271 p. + DVD (ISBN 978-2-226-18175-6)
Ce livre a fait l'objet d'une polémique à sa sortie. Il lui a été reproché par plusieurs spécialistes de la guerre d'Algérie de ne présenter que le point de vue du colonisateur et de l'Armée française47.
2009 : La Guerre d'Indochine, préface de Pierre Schœndœrffer, Paris, Albin Michel, 255 p. + DVD (ISBN 978-2-226-18173-2)
2012 : Le Paris de Céline, Albin Michel (ISBN 978-2-226-20814-9)
Ce livre est tiré du documentaire Paris Céline : Sur les pas de Céline avec Lorànt Deutsch48.
2016 : La Cause du peuple, Perrin (ISBN 978-2-262-06936-0).
2017 : La Grande Histoire des guerres de Vendée (préf. Philippe de Villiers), Perrin.
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